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Trois collines (3 Phnom) se
dressent sur la plaine au nord du grand lac jusqu'au plateau
du Phnom Kulen. Une plaine traversée par la
rivière, le Stung Siem Reap, une région
fertile, cultivée et peuplée.
Il fallait une montagne
sacrée dans la ville et le roi choisit le Bakeng, une
des trois collines, haute de 65m, pour y édifier le
plus grand temple montagne jamais construit. Les
références et symboles religieux sont
nombreux.
Le Bakeng pouvait mieux
s'insérer dans le plan d'une ville que le Phnom Bok
ou le Phnom Krom, trop proche ou trop éloigné
du grand lac et surtout trop élevés. La
nouvelle ville va voir le jour autour de sa nouvelle
montagne sacrée. Elle sera le centre religieux du
pays.
Le Phnom Bakeng qui a
subsisté est donc l'un des plus anciens vestiges
d'Angkor. Il se présente comme une pyramide, avec 5
sanctuaires en quinconce, s'élevant sur une terrasse
pyramidale à 5 étages et sur 13 m de haut. Les
escaliers (inclinés à 70°) sont dans les
axes des points cardinaux. C'est un monument en grès.
La terrasse de base carrée mesure 76m de
côté alors que la 5ème terrasse
seulement 47m.
Les escaliers se resserrent
en montant donnant une perspective d'élan vers le
ciel. A chaque gradin 12 petites tours (60 prasats en tout)
en grès toutes ouvertes vers l'Est. Au pied du
monument 44 tours en briques et au sommet 5 tours
principales (symbolisant les 5 sommets du Mont Meru) dont
l'une (l'axe du monde) ouverte aux 4 Orients, contient le
linga sacré.(108 tours + 1 ), chiffre symbolique et
magique du calendrier lunaire. A noter que les autres tours
avaient aussi leur linga.
L'art de Yashovarman recherche
l'effet monumental et l'effet durable par l'utilisation du
grès, mais la sculpture n'est pas franchement
différente du Bakong de Harihalaya construit par
Indravarman
On a pu retrouver au pied du
temple trois des quatre taureaux sacrés(Nandin), la
monture de Shiva qui assurait au Dieu la possibilité
de s'envoler vers les quatre régions de
l'espace
Le décor montre une
tendance à la finesse, l'apparition de puissantes
Devatas (déesses gardiennes), portant des jupes
cloches délicatement plissées), et d'apasaras,
des bandes de rinceaux et des pilastres à chevrons
finement ciselés, tout cela est
caractéristique du style de l'époque.
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